Ankh
30/03/2011 09:57 par CryptikRomance
Tandis que mon entrevu avec la mystérieuse Entité prenait fin, j'ignorais ce qu'il advenait de mon corps physique, pour moi le temps était toujours en suspend. Enfin l'Entité prit mes deux mains dans les siennes et instantanément je me suis retrouvé au milieu d'une ruelle qui m'était totalement inconnue.
Un parfait silence planait sur ce lieu désert, seuls des papiers voltigeaient en tout sens. Ensuite j'ai marché droit devant moi en scrutant les abords de la ruelle que je découvrais peu à peu à chacun de mes pas.
J'avais la sensation d'être au milieu d'une très grande ville de style américain, plus loin j'apercevais des grattes-ciels qui dépassaient d'immeubles plus proche de moi. Mais ces bâtiments me paraissaient assez anciens. Je dirais qu'ils dataient approximativement de 1900. Nombreux étaient vieux et insalubres, abandonnés, les vitres cassées.
Je continuais d'avancer lentement, lorsque mon attention et mon regard fut attiré par une grille située à la base de l'un des immeubles, probablement celle d'une cave. Laquelle éveillait de plus en plus mon intérêt à mesure que je m'en approchait. Le regard curieux je fixais avec insistance la grille, je ne pouvais en détourner mon regard, je sentait qu'elle m'attirait... Qu'elle me parlait, ou bien encore qu'elle m'aspirait à elle. C'était une grille d'aspect ancien, épaisse, plutôt belle et décoré sur son pourtour, on aurait dit qu'elle était en fonte, enfin je ne sais pas exactement de quelle matière elle était constitué. Peu importe, je me tenais tout proche de cette grille mystérieuse et je sentais qu'elle dissimulait dans la pénombre quelque chose que je ne parvenais pas à discerner. Jusqu'au moment où émergea de l'obscurité des grognements et des rugissements qui m'ont aussitôt transit de peur. Je me suis précipité en courant au milieu de cette interminable ruelle en espérant parvenir à mettre un maximum de distance entre ces rugissements et moi.
Engagé dans une course effrénée et haletante je sentais bien que quelque chose me poursuivait très rapidement mais je n'osais pas me retourner par peur que cela me ralentisse. Enfin au bout de la ruelle menant à un grand carrefour se trouvait l'entrée d'un immeuble dans lequel je me suis engouffré en toute hâte. C'était une simple entrée avec du carrelage abimé sur le sol, sur la gauche un escalier vétuste et en bois qui montait vers les étages supérieurs. Je n'ai pas prit le temps de regarder autour de moi, je me suis ruée dans l'escalier avec ces horribles choses qui me poursuivaient toujours.
Je grimpais l'escalier délabré à toute jambes, puis brutalement dans un craquement mon pied passa à travers de l'une des marches en bois, je dois avoué que j'étais affolé car mon pied était coincé ! mais tout aussi stupéfait de constater qu'il n'y avait rien derrière moi. Et pourtant je sentais que ces choses que je ne voyais pas se rapprochaient irrémédiablement davantage de moi. Malgré tout je parvins à libérer mon pied de cette satané marche qui ne voulait pas me lâcher et je suis arrivé tout en haut en découvrant un couloir. Tout était en ruine, certaines portes d'appartements étaient entrouverte et d'autres étaient visiblement closes, au bout du couloir se trouvait une fenêtre aux vitres brisées. Je me suis avancé dans le couloir et pour tout dire je me suis hâté de m'introduire par la première porte entrebâillée.
Au même instant alors que je franchissais la porte d'un appartement j'ai brièvement vu du coin des yeux des fauves ! Oui des Fauves en furies qui surgissaient en bondissant de l'escalier. J'ai juste eue le temps de claquer la porte derrière moi tandis que j'entendais frapper et gratter la porte violemment. Sur le moment je ne savais que faire ni ou me cacher, j'entendais les bruits de ses grands fauves terrifiants qui me cherchaient dans tout l'immeuble dans un vacarme effrayant. J'avais l'impression que par moment ils se battaient ! Sans doute qu'ils étaient affamés et chacun d'eux désireux de me dévorer. C'était atroce et je ne pouvais fuir, mais il me vint à l'esprit l'indéniable évidence que si je restais ici qu'ils finiraient d'une manière ou d'une autre par se frayer un chemin vers moi. J'ai finalement aperçu par l'une des fenêtres de l'appartement un escalier de secours, c'était ma seule issue possible j'ai donc enjambé la fenêtre et tant bien que mal j'ai réussi à m'enfuir par ce précieux escalier qui m'aura été salutaire.
Suite à cela je me suis retrouvé là encore et je ne sais par quel moyen instantanément au milieu de l'obscurité d'un sous-sol, ce devait être la fameuse cave que j'avais scruté auparavant dans la ruelle.
Il faisait très sombre mais je parvins a me frayer un chemin à tâtons, avec prudence je me faufilais parmi ses nombreux couloirs en les longeant par moment, endossé contre la surface des murs froids. Enfin je suis parvenu face à un couloir qui m'inspirait une crainte, celui ci me paraissait différent, malsain, je ne sais pour quelle raison, mais il me faisait peur. Je ne voulais pas m'y rendre ! Non ! je ne voulais plus avancer je voulais faire demi tour. J'avais l'impression que quelqu'un se tenait au milieu du couloir, une présence, une ombre sombre inamicale et finalement une ennemie remplie de haine à mon encontre. Cette impression me glaçais les sens, mais je me devais d'avancer et de dépasser ma peur. Pour moi, mais aussi pour Psyché que je n'avais pas oublié. J'étais ici pour elle et pour moi.
Quelques instants plus tard j'entrepris donc de traverser ce couloir envahi de frissons et de sueur froide à chacun de mes pas, lent et hésitant, accompagné d'un souffle et d'une respiration autour de moi.
Au bout du couloir se trouvait une porte que je devais franchir...
Tout à coup je repensais à Psyché, aux souvenirs de ces mois étranges et mystérieux qui venaient me parcourir de frissons en m'offrant de nouvelles sensations. C'était pour moi un avant goût de ces limbes qui surgissent de la nuit pour me retrouver moi, et parmi les miens. Dorénavant, à partir de ce moment je prenait pleinement conscience de qui j'étais et ce qui s'était passé avec Psyché. Puis de l'identité de cette ombre sombre pleine de haine qui se trouvait là au milieu de ce couloir d'une demeure oubliée, refoulée, oui je savais.
Je me sentais beaucoup plus proche d'eux, les fantômes, et bien sûr davantage de Psyché. Puis c'est une porte que je m'étais entrouverte pour une proximité vers cet ailleurs...L'au delà, et le bas astral pour y retrouver Psyché.
Je l'aime tant, qu'à présent elle me manque terriblement... Je dois la sauver, ou devrais-je dire nous sauver tout deux.
Maintenant, ma main sur la poignée de cette porte je savais que ce n'était pas une simple construction de mon esprit. Certainement que cela n'a plus réellement d'importance. Peut-être que Psyché se trouve de l'autre côté de cette porte.
Ainsi je me dirige et je plonge délibérément dans les profondeurs interdits avec la ferme intention d'y extraire la conscience prisonnière de ma bien aimée.
Au même moment dans le bas astral, Psyché était toujours retenue captive, livrée à elle-même et aux démons...
:Psyché:
Bourreau de mon âme attachée au pilori de mes tortures, je suis enchaînée l'âme mis à nue.
Mon corps dépecé, brûle mon coeur déchiré et noirci. C'est Tout idée d'amour qui s'évapore hors de mon être.
Le combat devient âpre, épuisant, dans mes forces est les derniers sursauts d'une lutte sans repos.
Ce sont les effluves d'une fournaise ardente, brûlant par le feu mon sang et mes veines, mort- dans mon corps et ma chair.
Offerte au bûché crépitant ma peau léchée par les flammes, je suffoques... aux hurlements qui ne peuvent s'extirper de ma gorge asséchée.
Mes yeux pleurent aux souffrances de ces larmes brûlantes... Je me consume, mon coeur n'est que cendres sans espoir...
Nos coeurs deviennent alors des tombeaux vides, scellant notre destin en invoquant une délivrance rapide face à la mort. Afin de ne plus souffrir, afin de ne plus ressentir intérieurement cette profonde solitude, cette lente agonie qui brûle nos veines.
Je voudrait fuir ce lieu et quitter cet univers qui nous fait tant de mal, mais c'est le chemin de la voie sacrée vers une conscience profonde. Une quête qui conduit à la rechercher d'une délivrance intimement liée à nos âme par le renoncement à la matière lorsque le moment survient en oubliant le mal qui leur fut fait à nous les fantômes errants.
L'une des entités immatérielles s'est avancé puis d'un air compatissant elle pencha la tête en me souriant. Un silence s'est imposé un moment avant qu'elle décèle dans mes pensées que j'étais très lié à une autre entité dénommé Psyché.
Aussitôt je lui exprimais ma volonté de la retrouver, l'entité acquiesça d'un mouvement de la tête en disant que j'allais très prochainement la rejoindre.
J'étais également préoccupé par le temps qui me serait imparti pour cela... Probablement que mon corps flottait encore immobile sur les eaux stagnantes et glacées. Néanmoins j'avais pris soin de me trouver dans un lieu très fréquenté et que de cette façon mon corps physique ne tarderait pas d'être secouru assez rapidement.
:L'entité:
Je lis en toi tes inquiétudes et je vais à présent t'apporter certaines réponses.
Tout d'abord tu te demandes qui je suis, et je n'ai pas de nom, ou plusieurs, quelle importance.
Pour toi, l'important c'est que Psyché est très lié à toi, et toi à elle. Votre lien est très puissant, il défie l'espace, le temps et la mort.
Prends ma main, vois et observe....
A une époque lointaine qui remontent à des temps oubliés, Psyché et toi étiez unis par un profond amour, mais au cours de cette vie terrestre Psyché accepta volontairement et par amour d'être sacrifiée au milieu d'une forêt sur un autel dédié à des cultes ancestraux, à la connaissance et au pouvoir occulte.
Tu étais celui qui a enfoncé le poignard dans son coeur !.
Quel choc ce fut par cette terrible révélation, je m'écriais que Noooonn !!! C'était impossible ! Jamais je ne ferais une chose pareille ! De toute évidence je préférais refuser d'admettre cette innommable vision d'abomination.
Comment aurais-je pu faire cela à Psyché, j'étais horrifié par les images de notre vie écoulée qui défilaient en moi.
Quelle horreur !... Malgré tout l'amour que j'avais pour elle, je l'avais tué. Détruisant sa vie, et les miennes par la suite.
Seul notre amour avait subsister au fil du temps et nous sommes restés séparés l'un de l'autre pour une éternité de souffrance intérieure que nous conservions à jamais.
Je mesure combien l'oubli est beaucoup plus aisé, misérable... Tous coupable et à la fois victime.
Je comprends à présent pourquoi je n'ai jamais aimé la vie, celle qui devenait la mort à mes yeux...
Au cours de mes vies successives sans que j'eusse goût pour la vie, Psyché avait toujours était présente non loin de moi.
Prisonnière par ma faute entre le monde des vivants et celui des morts.
Immobile et figé par les frissons glacés de mon âme... "Pensif"...
Ô Mon amour... C'est mon être en entier qui pleure pour toute la souffrance que tu as endurée par mon erreur et mon égoïsme aveugle. Je réalise la porté de mon sacrifice actuel afin de briser le cercle infernal qui me sépare de toi.
Désormais, je ferais Tout pour te sortir des griffes de cet enfer où tu es, je renoncerai à la vie et plus si c'est le prix de ta liberté, non par dette envers toi mais parce que je t'ai toujours aimé.
:L'entité:
Le sacrifice de soi est la plus belle preuve d'amour, pour autrui.
Ce que tu dois savoir réside dans le fait que Psyché est prisonnière de son bas astral, un lieu sombre hermétique et froid. Tu es le seul qu'elle acceptera en son sein et le seul qui pourra l'en faire sortir. Pour tout dire elle t'attends, elle t'espère...
Cette fois ci et dans cette vie présente je ne pouvais l'abandonner, j'étais responsable de tout.
Je me suis retrouvé au milieu d'une foule en partance vers une destination qui m'était inconnue, physiquement je ne ressentais rien de particulier si ce n'est que je n'avais aucune idée de ce que je faisais là.
Puis soudainement d'une force provenant du fin fond de mon esprit, je ressenti la nécessité de fixer mes mains du regard...
Je voyais ce corps étrange, Surpris et étonné de me voir ainsi, car il ne faisait aucun doute que c'était bien mon corps, c'était moi ! Mais il n'étais pas constitué de matière.
Soudainement Je fus brusquement aspiré par une obscurité intense qui s'empara de tout mon être, plongé dans le noir absolu, je me sentais flotter.
Je ne ressentais plus mon corps, mais il me semblait que j'avais les yeux ouverts et que malgré tout j'étais aveuglé, dans le noir absolu.Tout aussi soudainement il me vint une terrible angoisse et rapidement l'angoisse se transforma en peur. Frénétiquement, je cherchais un repère, mais en vain.
Pourtant peu de temps auparavant une foule de gens marchaient proche de moi.
Mais Désormais j'étais seul au monde au milieu de la plus intense des pénombres. J'essayais de tendre les bras tout autour de moi, j'étais affolé tout en agitant mes mains en tout sens au milieu de cette obscurité totale.
Terrorisé je voulais que mes paupières se ferment pour les réouvrir à plusieurs reprises avec l'espoir de revoir la lumière rejaillir à nouveau devant mes yeux. Je voulais crier ! Appeler à l'aide !... Mais aucuns sons ne semblaient sortir de ma bouche. J'étais plongé dans un noir univers obscurcissant de sa masse sombre une lumière qui m'était devenue artificielle et finalement elle avait totalement disparue. Je n'étais plus soumis au temps ni dans mon esprit ni autour de moi, c'est ma volonté qui animait les choses et le temps.
Puis Enfin, j'aperçus une petite lumière au confins de cet univers, tout d'abord dans un mouvement très lent, presque au ralenti, la course des étoiles m'étaient désormais pressenti. Mais je ne pouvais les voire, puis des galaxies entières, entourées de halos translucides que je pouvais ressentir se fondre par des variations de forment agissants comme des vagues ondulatoires.
Mon être pris de plus en plus de vitesse en me rapprochant de la petite lumière blanche, qui peu à peu devenait très intense, de plus en plus visible et de plus en plus grande. Lorsque je suis parvenu à l'intérieur, j'ai su que j'avais quitté un univers de matière. Mes pensées devenaient des fréquences inter-agissantes sur ce qui m'entourait en devenant une réalité. Mes pensées, mes souvenirs prenaient formes, des gens que j'avais connus, et pour moi tout cela me paraissait tout à fait réel, d'ailleurs je pouvais aisément sentir leur présence, entendre leur voix, avec la capacité d'avancer dans le temps ou de reculer dans mes souvenirs.
En fait, j'ai réalisé que tout était vrai !.
A cet instant des entités se sont approchés de moi, ils avaient des visages familiers mais je savais instinctivement qu'en ce lieu ils pouvaient avoir plusieurs visages. Ils provenaient de leur propre univers et ils avaient jaillis d'une sphère imperceptiblement ondulante puis translucide pour finalement se trouver à présent devant moi. J'étais rassuré et tout devenait très clair, c'était très simple, j'entendais leurs pensées et ils entendaient les miennes. Le milieu dans lequel je me trouvais paraissait si pure... Si intense... l'environnement réagissait à la moindre émotion qui se diffusait en tout sens dans un puissant rayonnement. En même temps je réalisais que là d'où je venais, ce n'était que la matérialisation de ce que nous avions en nous et que ici ou là des deux cotés nous étions légion.
Quelques heures plus tard... J'étais enfin près pour ma tentative de rejoindre Psyché et il n'était plus possible de faire marche arrière. Alors que tout devenait flou autour de moi, proche de la mort ma conscience semblait se déconnecter de mon corps, j'étais emporté vers cet ailleurs.
On dit que l’univers n’est pas silencieux… Parait-il qu’il émet un son qui voyage à travers l’immensité d’une insondable pénombre pour les regards, mais pas pour le cœur de nos êtres interconnectés.
Et si c’était le souffle du passage des âmes, et de ces voyageurs qui façonnent leurs existences à travers le souffle glacial ou brulant d’un couloir sombre... Ce n’était que les battements d’un cœur au foyer ardent, où celui d’une femme qui aimait se tendre murmure.
Mais en suis-je digne, alors qu’il semble que j’ai choisi une longue errance pour mon cœur durant cette vie sans espoir de la rejoindre. Peut-être pour apprendre a aimer réellement, ou autrement… Dans la tentative de m’éloigner des interconnections de ce corps et de ce cœur qui fait souffrir car trop indigne, je sais que je ne suis rien, ou si peu, et pourtant… si nombreux, car tout est en un et que tout est un.
On dit que l'équilibre des forces vacilles dans la balance universelle sous le poids de nos consciences...
Pour ma part je n'ai aucun regret, que des pensées qui se perdent dans le vacarme de mon néant, au milieu duquel il est probable que je n'aurai jamais su comment accepter un univers qui n'est pas ou plus un monde dans lequel je peux me retrouver. Ce qui est très certainement une idée fausse ! Puisque je me trouve dans celui-ci et pas dans un autre.
Quand j'étais enfant j'avais souvent la sensation de manquer de temps, à présent le temps s'est accéléré et semble suivre sa course folle. Mais je suis persuadé que le temps n'est rien, qu'une perception de l'esprit emporté dans le décompte d'un tourbillon emportant Tout dans son sillon.
Plusieurs mois s'étaient écoulés et toujours aucune nouvelles de Psyché, malgré mes efforts pour rétablir un contact.
Jusqu'à cette nuit...
Alors que j'étais endormi Psyché m'est apparu, elle avait l'air terrifiée et le lien était difficile à maintenir. Il fut bref, sans que je puisse l'aider. J'ai posé mes mains sur ses joues, elle a posée sa main droite tremblotante sur l'une de mes mains qui se tenait sur sa joue, si froide. Le visage de Psyché était toujours aussi pâle et sur ses joues se déversait un torrent de larme d'une couleur noire.
J'étais désemparé et je ne savais comment agir pour la libérer de la pénombre dans laquelle elle semblait être maintenue.
Au milieu de cette horrible vision, ces quelques mots provenants de Psyché me sont parvenus...
... Ce n'est pas ce que je voulais...
Puis le contact fut rompu brusquement. Je n'avais aucune idée de ce que Psyché voulait me dire par ces mots. Ensuite je me suis réveillé en sursaut.
Plus tard dans la journée j'ai réalisé que le seul moyen de retrouver Psyché consisterait à me plonger dans un voyage astral. Mais j'avais lu dans des ouvrages spécialisés que cela comportait de grands dangers. D'autant plus que je devrais très probablement descendre dans le bas astral. Mais peu m'importait les risques, je ne pouvais pas rester sans rien faire. Pauvre Psyché... Des mois ainsi prisonnière, je ressentais une énorme peine en imaginant ce qu'elle pouvait endurer, mais... Etait-il seulement possible de l'imaginer un instant. Je me sentais tout à coup impuissant et sans doute que cela me prendrait encore des mois avant de parvenir à maitriser le voyage astral. En effet je n'avais jamais pratiqué cela auparavant et mes connaissances en la matière était quasiment nulle.
Non Psyché ne pouvait plus attendre, je devais faire quelque chose et enfin entreprendre une action. Je passais donc toutes la journée à réfléchir à une solution, et la seule qui me vint à l'esprit était que je devais provoquer le voyage, mon départ dans l'astral.
C'était risqué car pour espérer y parvenir dans un laps de temps réduit il n'y avait qu'un évènement brutal et violent pouvant être susceptible de réussir.
Risquer ma vie était probablement la seule solution, si j'échouais ce serait la mort pour moi et certainement une damnation éternelle pour Psyché. Hum... J'aurais préféré ne pas avoir eût le temps de réfléchir. Et dire que j'avais si souvent pensé à ma propre mort, à en finir.
Devais-je me jeter du haut d'une falaise ?... Devant un train ?... Mais non ! C'était stupide, je devais pouvoir réintégrer mon corps par la suite et donc rester en vie. Il fallait donc une action suffisamment violente afin de permettre à mon âme de se trouver éjectée de mon corps, mais que celui-ci ne soit pas trop abimé, tout en espérant être réanimé.
De plus une fois en dehors j'aurai peut-être peu de temps disponible pour m'engouffrer dans l'inconnu. Bien que le temps n'existe plus de l'autre côté.
J'étais effrayé par tant d'incertitude ainsi que par les risques encourus, et si cela ne marchait pas !.
Quoi qu'il en soit et qu'il m'en coute ma décision était prise, c'était à présent une évidence, j'allais risquer ma vie pour notre amour, pour Psyché.
:Psyché:
Réfugiée dans la pénombre d'un recoin au plus profond d'une crypte intérieure, au sein de ma conscience une multitude de pensées m'assaillent…
Mon regard se perd dans la nuit, ma mère m'a t-elle abandonnée....
Mes yeux cherche une petite étincelle de lueur, mon esprit une passerelle pour une ouverture à ce labyrinthe dans lequel je suis enfermée. Je ne sais plus où j'en suis, ni ou je vais, je suis perdue dans cette profondeur abyssale.
Je n'existe que par l'errance de mon esprit qui n'est qu'un petit animal apeuré au milieu de ce labyrinthe où mes repères deviennent flous. Chacun de mes pas me rapproche de la sortie qui se trouve au bout du tunnel. Mais toutefois inaccessible...
La bête n'est pas loin !…Elle me guette ! Peut être au détour d'un passage, toujours tapi dans un recoin. Je m'avance et je m'obstine en parcourant le labyrinthe de ma conscience. Je combat et je lutte en ce lieu… contre... Un Minotaure cet bête immonde au coeur d'un univers froid et noir.
Ce monstre qui naît d'une barrière et qui veut me dévorer, me broyer dans ses mâchoires induisant à mon esprit une peur panique.
J'essaie de progresser prudemment à travers l'inconnu au son des murmures qui résonnent aux détours de sinistres couloirs, c'est ma conscience qui fuit le temps, fuyant... Sans cesse ! Je ne peux le rattraper et je flotte à l'intérieur.
Faut-il en avoir quelques regrets... J'avais renoncée à la vie et à la créature humaine que j'étais. Une prêtresse, de l'obscur et de la nuit, fidèle à ce sanctuaire et à celui que j'aimais, mon porteur de lumière.
(Psyché s'effondre en sanglots)
Il m'a sacrifié sur l'autel que j'ai délibérément choisi... Puis il a enfoncé en moi sa dague en poignardant mon coeur et mon âme avant de le dévorer.
C'était mon destin qui est l'antre de la vie et de la mort, un labyrinthe de Pan et ma cage désormais.
(Psyché est à genoux)
Ô Déesse de la terre et de l'air. Dans l'obscurité de ces rituels qui étaient les miens, je m'abreuvais à la source d'une terre. Désolée… J'élevais les yeux vers ma mère, les bras levés je tendais mes paumes ouvertes vers l'univers.
L'onde de feu entre mes mains se propageait en moi, les mains chaudes et engourdies devenant le réceptacle d'une énergie, un don de mon existence que je faisais sans le comprendre pour une illumination de mon être.
Invoquant la nuit et la lumière que j'embrassais sans autre choix, piégée dans un monde ou le royaume des ombres, l'abandonnée erre dans une foret épaisse et sombre, mon âme emprisonnée, mon corps n'est plus.
Lorsque je l'observe et que j'allais sur ma tombe, je comprenais qu'il ne m'appartenait plus.
J'explore l'obscurité de mon âme et de par mon esprit la vagabonde entre ces mondes paraissant, devient la souveraine de son désespoir.
Ma tristesse est la beauté de ma vie insipide me mène a ce règne où la pensée n'est plus le maître.
Mes émotions font de mon être souffrant la nourriture et le centre de ces méandres d'où provient la résonance aidant a ma survie. Mon esprit quant à lui ne peut être qu'insaisissable, mon corps inaccessible. L'on peut m'approcher mais sans me voir, l'on peut s'adresser à moi mais ne jamais m'entendre. Ma voix n'est qu'un murmure qui porte les sanglots de la nuit glacée extrait de mon coeur.
Insatiable a ces reflets de mes yeux remplissant une fontaine où l'on peut m'apercevoir, mais dont on ne peut en percevoir le fond. De cette source intarissable de souffrance, j'en puise d'une main l'énergie contenue dans une coupe de compassion et de tolérance, puis de l'autre main j'ai portée seule la torche au buché qui a consumé mon âme.
Je me nomme psyché, l'esprit d'une prêtresse sacrifiée et revenant d'outre-tombe qui a succombé à sa propre folie et à celle de ceux qui sont ivres de connaissance et de pouvoir. Mais je n'aie aucune rancoeur ni esprit de vengeance car je n'aspire qu'a ma délivrance. Viendras-tu me délivrer toi qui vit parmi les mortels, pourras-tu aller jusqu'au bout ?... Toi que j'aime.
La fille de la Lune
Des tambours résonnent dans ma tête, mon coeur s'emballe les rayons lunaires appels mon âme.
Je me sens envoutée par une force, elle me domine.
Attirée par cet appel en plein coeur de la nuit, mes yeux se figent submergés par une mystérieuse lueur évanescente, l'astre lunaire s'accapare de moi, prend possession de mon corps, j'en perd tout contrôle…
Alors que la métamorphose s'opère en moi, mon sang brule mes veines, mes entrailles se déchirent.
Le sentiment d'une puissance incommensurable m'envahit. Me voici animal !
La bête qui sommeillait en moi c'est réveillée !. Bondissante vers la vallée, je suis éprise de liberté, d'une extrême sensation d'invincibilité.
Je me précipite courant à quatre pattes à toute vitesse entre les arbres et les taillis, mes yeux perçant l'obscurité transfigurée d'une folie furieuse, Animale !... Et humains, tous s'enfuient devant moi rempli de terreur.
Je griffe je mors, je dévore les coeurs.
Pourfendeuse que je suis, les hurlements déchirent le silence de la nuit. Sortant de ma gorge, s'écoule le sang de ceux que je poursuivis.
Dirigée par une soif implacable je suis la puissance animale, une force de la nature que nul ne peut arrêter.
Mes forces m'abandonnent, épuisée, je m'effondre… En pleine forêt, les faisceaux lunaire percent le feuillage sombre et touffus.
Au milieu de ces arbres qui m'entourent, laissant baigner la clairière dans une étrange atmosphère, lumineuse, je suis allongée sur la berge d'une marre. Me voici entièrement nue, seule et désemparée, désorientée… Reprenant peu à peu mes esprits, je passe mes mains sur ma nuque élevant mon visage qui se tend à la face de la lune qui ma vue naitre. Soumise, je ferme les yeux, apaisée…