La supplique de Psyché, l'origine Ière partie
23/03/2011 07:05 par CryptikRomance
:Psyché:
Ô ma mère entends moi, entends ma prière... Sens-tu comme je souffre ?
Ne m'abandonne pas... Je t'en prie, tu sais... Je me souviens, de ce conte d'antan que tu venais me confier durant mes songes....
Au milieu de cette forêt d'Eden,
plongée dans l'aura mystérieuse couronnant un lagon enchanté, les oiseaux nocturne chantent des contes et des poèmes plein d'amour, de nostalgie et de rêves.
Tous impatient par cette attente irréelle de la revoir enfin, celle qui survient fidèle à la nuit au cours desquelles elle apparait infailliblement.
Puis à ce prélude advient l'instant magique sous les regards émerveillés des occupants de la forêt qui s'agglutinent en silence, tous serrés les uns contre les autres perchés sur des arbres surplombant un lagon idyllique.
Les feuillages frissonnent, les fourrés tressaillent et s'écartent au passage ébloui d'une louve se mouvant pas à pas au cours d'une lente progression.
Infiniment gracieuse et majestueuse, son coeur mélancolique un peu triste, la louve solitaire à la robe obscure s'approche prés de la berge en scrutant les abords, méfiante...
Puis se laisse glisser en s'immergeant de tout son corps dans ces eaux pures aux reflets verts émeraude,
pareils a ces yeux tels des joyaux étincelant de rêves et de douceur émanant de son coeur.
Poussée par l'élan de son enthousiasme retrouvé, elle nage jusqu'au milieu du lagon afin de s'y baigner et folâtrer.
L'eau ruisselle en de multiples reflets luisant et étincelant sur sa robe qui lui colle a la peau, baigné des rayons lumineux dans un atmosphère magnétique et féerique, la louve s'ébat joyeusement sous la lune protectrice.
De son regard la louve se tourne vers l'astre de nuit, alors ses yeux s'illuminent en reflétant le visage de sa mère la lune bienveillante, l'étrange messagère est venue lui annoncer la bonne nouvelle de ce solstice d'hiver.
Le corps de la louve se lève hors de l'eau, devenue humaine comme par magie, cet alors qu'elle s'élance pour une danse tournoyante au milieu des eaux, emportée par sa vertigineuse luminescence à l'éclat d'une eau cristalline.
Parmi le fracas de ces éclaboussures aux milliers de gouttelettes d'eau scintillant comme des petites fées dans les airs,
s'entonne à la nuit le chant mystérieux d'une fille à sa mère.
La valse des étoiles dans ses yeux baignés par les mots susurrés à la lune nostalgique, celle-ci se penche et s'éclipse attendrie à l'écoute de ses présages que lui dicte ses désirs de disparaitre puis réapparaitre, et renaitre dans le coeur d'une louve solitaire.
Car à chaque éclipse, la Lune cède sa place à une autre, afin de renaître dans le corps d'une louve qui durant la nuit la plus longue deviendra humaine au solstice d'hiver.
:Psyché:
Tu me racontais que les filles de la terre naissent toutes de la Lune, et que les garçons provenaient du Soleil, le porteur de lumière qui nous lavera tous de nos erreurs. Ô Ma mère...
Toi qui a ensemencer la terre bien avant Eve. Permet moi de le retrouver, car j'ai trouvé mon porteur de lumière. Ouvre nous le chemin de la voie lactée vers les autres univers. Guide moi une dernière fois si tu estimes que j'en suis digne, il a besoin de moi et j'ai besoin de lui en nous fusionnant. Offre nous ta bénédiction, et par ton intervention, La délivrance.
Les enfants bannis de Eve (Die Verbannten Kinder Evas)
A la nuit,
j'éprouvais une terrible angoisse, une frayeur sans raison apparente. Mais je décelais quelque chose de menaçant, il se passait quelque chose... J'étais perplexe et anxieux. Mon inquiétude devint grandissante en pensant à Psyché. Oh non !... Psyché est en danger... Je ressens son appel, ses sanglots, elle a froid, elle a peur, elle se terre en essayant de se cacher. Elle est enfermée ! Emprisonnée !?... Par qui, par quoi ! Je ne vois pas !. Oooh non ! Psyché mon tendre amour... Je voudrais tellement venir à ton aide, où es-tu ?... Parle moi.
Bien entendu Je ne parvenais pas à trouver le sommeil, malgré tous mes efforts j'étais trop angoissé.
Mais comment la retrouver si je ne peux m'endormir. Je me suis donc précipité vers la boîte à pharmacie et emporté par l'angoisse de la perdre j'ai avalé tout une boîte de comprimés. Des somnifères en quantités immodérés pour enfin m'endormir à toute fin !.
Quel imbécile j'ai été, a mon grand regret et désespoir j'ai parfaitement dormi, mais beaucoup trop !. Je me suis réveillé en pleine rue au petit jour, étalé dans les caniveaux en marge d'un trottoir et sans savoir ce que je faisais là. Les somnifères avait tout bonnement empêché mon esprit de s'extraire de mon corps, ce qui m'a fais penser après coup que la lutte avait dû être très âpre pour que je me retrouve ainsi en ce lieu dégradant.
Le lendemain même j'entrepris d'effectuer des recherches qui allaient me mener jusqu'aux plus petites ruelles oubliées, dans des bibliothèques et certaines librairies d'ésotérisme.
Cela dans le but de trouver d'anciens ouvrages, grimoires ou textes, rites ancestraux. Tout ce qui pouvait m'être d'un quelconque secours en vue de formuler des incantations ou tout autres pratiques pouvant par ce biais permettre de libérer Psyché. Je voulais tout connaitre des esprits et des fantômes, des phénomènes paranormaux, de l'au-delà, des démons, de nos liens avec le Temps, la nature, l'univers...Tout, du moins à ce que l'on en sait. J'étais prés à tout !.
Les nuits et les jours suivants, toujours sans nouvelles de Psyché et toujours habité par cette angoisse persistante j'ai pris mon sac à dos. Parcouru de nombreuses villes en France, en Angleterre et dans d'autres pays, durant des jours, des mois... J'aurais été jusqu'au bout du monde. Bien sûr mes recherches demeurèrent infructueuses. Rien de sérieux ne pouvait permettre à une âme de revenir à la vie sous sa forme initiale. Cela devenait une évidence. Pourtant, il me fallait impérativement percer ce secret !. Mais Comment faire... Je me voyais mal essayer de contacter certains cercles très fermer dans le domaine de l'ésotérisme et de l'occultisme. Sût était que par trop embarrassant pour moi d'énoncer mes intentions et l'on m'aurait à coup sûr envoyé paitre et rit au nez ou pire encore.
Je devais rester discret. Puis après tout c'était mon combat ! ma quête. Je devais l'entreprendre seul, armé de ma volonté et de ma détermination.
J'étais enfin celui que je voulais être. Tel un preux chevalier moderne ou un ange brandissant le glaive combattant pour ce qui est juste et pour sauver sa belle et son amour. Tout cela donnait un sens à ma vie. J'allais combattre des forces infernales tout droit sortis des enfers !. Bon en temps normal j'aurai trouvé que mon comportement était quelque peu excessif et que je naviguais en plein délire, mais j'étais persuadé que tout ce qui m'arrivait était censé et vrai. Bref... Je savais également à quoi m'attendre je n'étais pas totalement inconscient, enfin... En tout les cas Je devais compter que sur moi même et j'étais convaincu de pouvoir aller jusqu'au bout.
Si Psyché était venu à moi, ce n'était pas par hasard, d'ailleurs elle me l'avait dit. Mais oui ! Bien sûr ! C'était évident à présent, elle espérait au fond d'elle-même que je trouve mon chemin pour la sauver Elle. Oh... Mon amour... Tu es ma motivation, ma force ! pensais-je. Pour un avenir près de toi j'étais prés a affronter l'insurmontable. Et S'il l'eût fallu, tel Orphée avec Eurydice j'irais t'arracher à Hadès en personne !.
M'éveillant parmi les chagrins de ces matins sombres, je me suis éveillée par une rumeur émanant de mon âme.
Dans cette douce complainte douloureuse s'éveillant au désespoir, je désespère a ce corps perdu.
Emporté par le malheur de ce jour endeuillé, dans mes yeux une émotion bouleverse mon coeur. Dédiée à ce corps disparu,
cet être cher à mon coeur enseveli par un sombre matin.
Jour de tristesse, en ce matin funeste, sur ma peau une petite larme chargée d'innocence glisse, la détresse s'immisce entre mes lèvres amères, éplorée...
Je suis submergée par les gouttes de pleures au dessus de mon être. En ce jour de deuil, Ce fut Mon corps ce cher disparu, mis en terre un jour de beau matin.
J'ai renoncée à la vie, à mon corps charnel, en préférant la vallée des peines.
Une contrée souillée et pernicieuse sur laquelle je suis en exil.
Inhérente à ma tristesse en dentelle, parmi la solitude je flâne intemporelle au milieu de décombres indolentes.
Je chuchote et murmure au vent les pensées de mon coeur, des souvenirs flétris de ma vie inhumée dans ce cérémonial hommage.
Par une danse à la douce cérémonie de ma mort, la caresse de mes gestes au vent et le corps de mon âme en suspend,
se penche mon regard blême à l'opprobre de ces larmes, le sang de mon âme que lentement je desserre en entrouvrant ma main. Ainsi je libère des pétales de roses noires fanées, qui se déversent dans un sillage serpentant les airs,
elles étaient la pureté de mon être.
Dispersés au vent ! les sourires et les larmes, dans un profond et long soupir...
A la pensée de ma vie ainsi susurrée au vent, par un message de mon coeur blessé pour l'éternité.
Je m'en suis allée pour une morne plaine au delà d'une terre d'abime, l'exil teintée de larmes et de misères. Je m'en suis allée... Mon âme condamnée.
Les jours se succédaient les uns aux autres sans que je puisse y trouver un quelconque intérêt. Mes journées n’étaient que brume ombragée sans que rien en ce monde ne puisse m’apporter une étincelle de clarté.
Malgré cela j’essayais de m’imprégner par cette vision de l’arbre, il me redonnait espoir, et je voulais croire dans la pureté de cette toute beauté en y puisant une force. Intimement je savais que je devais survivre même si la raison m’échappait et que mon seul désir était consacré à Psyché. Souvent, je voulais mourir. Car plus rien ne m’attachait ou me reliait à ce monde réel, sans doute que quelque part j’étais déjà mort.
Non pas par mon corps voué à la sombre destiné mais par ma conscience qui s’était détourné en marchant vers l’obscurité. Mais je repensais sans cesse aux paroles de Psyché qui m'avait interloqué et à son avertissement,
dans l'expectative je ne savais qu'en penser. Je ne vivais que dans le souhait de retrouver Psyché à la nuit tombée,
cela avec la pensée que ma place était auprès d’elle. Fusse au prix de ténèbres,
je sentais que c’était important pour moi et que je devais m’investir plus profondément encore.
Au risque de m’égarer sous les augures d’un écueil pour ma conscience, en vérité j’espérais y trouver une lumière teintée aux murmures de ma douce Psyché, la fée de mes rêves qui était devenue réalité.
A l’évidence j’abandonnais mon corps, je ne m’alimentait presque plus, tout désirs me quittaient et disparaissaient. Interminable étaient ces jours, que eux aussi j'aurais aimé abandonné. Mon refuge se trouvait dans mes rêves...
J’aurais tant aimé être l’un de ses chevaliers animé de bravoure et de force, poursuivre avec dévouement et avec une détermination sans faille une quête, un idéal pur et plein de noblesse. Combattre oui ! Mais pour quelque chose de plus grand que nos petites vies si insignifiante quelles-qu‘elles soient, elles n‘en demeurent pas moins misérables et sans intérêts à mes yeux.
Mais l’Arbre… Oui l’Arbre ! Psyché avait tenté de me montrer la voix en m‘éclairant de sa lanterne.
Cette quête noble et pure existe belle et bien et chacun possède la sienne. Avec ses embûches et ses combats, ses victoires et ses défaites, nos joies et nos peines. Tout cela fortifie l’arbre de nos connaissances et consciences ainsi que ses racines. Cela passe également par l’acceptation de soi et des autres comme l’on est, avec nos forces et nos faiblesses. Afin de parachever notre pierre philosophale et la réalisation de soi. Cette voie est donc une quête ponctuée d’étapes sans fin car elle ne se termine jamais.
Le temps n’est qu’une illusion tronquée par notre perception limité.
Quant au soir venu, mon regard se perdait en direction de l'astre Lunaire attendant que le sommeil m'emporte,
car je savais que j'y retrouverai le visage de ma Psyché, ma tendre bien aimée. Qu'elle reviendrait reposer ses lèvres sur les miennes... Qu'elle me réanimerait dans l'une de ses contrées étranges dans lesquelles nous pouvons nous aimer en secret. Que plus rien d'autres n'aurait d'importance hormis la puissance de notre amour quand je la blottirait entièrement contre moi et qu'ensembles nous triompherions.
En un instant les sourires de Psyché s'estompèrent et elle fut reprit d'un sentiment de doute et d'incertitude quant à notre avenir. L'enserrant tendrement en déposant un baiser sur sa tempe, mes bras empreint d'une tendresse caressante à son être lui apportèrent une once de réconfort.
Psyché était si changeante que ses humeurs comparables aux jours et à la nuit la plongeaient par moments dans une profonde tristesse. De part sa nature je savais qu'elle était ainsi, mais cela ne m'empêchait nullement et bien au contraire de me sentir si proche d'elle. En effet plus le temps passait et plus je me sentais semblable à elle. Certes en tant qu'être vivant ma nature était différente mais quelque chose en moi me liait irrémédiablement à elle.
Je voulais en connaître davantage sur l'origine de ce qui à l'évidence la tourmentait.
:Psyché:
Ne vois-tu pas qui je suis !... Ame errante et captive de ses sentiments et de ses désirs, contrairement à toi je n'ai aucun espoir. J'erre entre les mondes et là d'où je viens les morts sont séparés des vivants.
Crois-tu à la réincarnation mon chéri ?... Ne vois-tu pas que Je suis piégée au sein d'un univers peuplé par les ténèbres ! Mon seul salut réside dans ton amour et l'accueil d'un réceptacle pour mon âme. Telle est le fardeau des fantômes, notre souffrance ! A la recherche de ce réseau de barbelé offrant une possible rédemption.
Si je suis venue à toi c'est aussi pour t'avertir afin que tu ne deviennes pas comme moi ! Une âme qui n'a plus rien à espérer. Mon chéri, Je sais très bien que tu es attiré par une sombre beauté romantique, mais prends garde à l'assombrissement de ton âme. C'est un piège.
(Une larme coule sur la joue de Psyché)
De l'autre côté se trouve un néant que nous peuplons des souvenirs que nous ne pouvons quitter, nous résidons au sein de rêves tourmentés sans pouvoir nous en éloigner. Lorsqu'un jeune corps est disponible nous en prenons le contrôle dans l'espoir d'une nouvelle chance, mais la plupart ne font que répéter les mêmes erreurs. Il arrive que parfois les âmes les plus noires parviennent à prendre le contrôle d'un corps déjà occupé par une autre conscience ou âme, peu importe les noms nous parlons tous d'une même voix. Lorsque cela se produit des choses terribles surviennent. Ils sont habités de haine et animé par la vengeance, ils en sont aveuglés et il ne respectent que la loi du plus fort et ce même le plus souvent à leur propre dépend.
(Psyché baisse la tête)
Tu l'as vue n'est ce pas ?... L'ombre noire. Je sais que tu l'as vue. Moi aussi... C'est ton autre toi. Elle est ton reflet et celui que tu pourrais devenir. Elle représente la mort, celle qui dessèchera ton arbre et provoquera l'assombrissement de ton âme. Mais il a une force en toi qui t'a permis de voir cette ombre qui plane au dessus de toi. Ce n'est pas courant et c'est aussi une chance qui t'est offerte.
(Psyché plonge son regard dans le mien, comme pour sonder mon esprit)
Elle essaiera par tout les moyens de te détruire car la réalité est un conflit qui se situe à plusieurs niveaux et qu'elle voudra s'imposer en devenant celui que tu es. En chacun de nous réside une part sombre et obscur qui tente de s'imposer, si elle y parvient elle emprisonne la conscience, ton âme, au milieu de ses ténèbres dont l'unique aboutissement est la noirceur lui permettant d'assouvir ses instincts les plus vils. A l'opposé si tu parviens à la repousser alors s'ouvre à toi de multiples plans de réalités à des niveaux supérieurs en ayant accès à une force créatrice sans limite et sans borne. Cette force prend naissance d'une union des consciences, des âmes. Que les humains appels, êtres de lumière ou anges, dieu.
Mais à présent je dois te laisser, on en reparlera peut-être la nuit prochaine.
Pour ma part je ne savais qu'ajouter à ses paroles qui sortaient de ses lèvres, je buvais ses mots hypnotisé par Psyché. Tandis que j'essuyais délicatement la joue frêle et pâle encore humidifié de cette larme versée, j'étais captivé, mais j'avais aussi besoin de faire le point sur tout ce qu'elle venait de m'exprimer. Je laissais donc Psyché repartir alors qu'elle prenait mon visage entre ses mains pour m'embrasser. Et c'est ainsi que je m'assoupis en quittant cette mystérieuse et fabuleuse colline aux corbeaux.
Peu de temps après,
Psyché me regarda d'un air ému et compatissante, le geste plein de grâce elle déposa sa paume sur ma joue tout en approchant lentement ses lèvres des miennes. C'était le plus doux et le plus délicats des baisers qui venait de s'échouer sur mes lèvres. Elle venait sans aucun doute d'entendre mes pensées.
Puis elle éleva son visage vers la cime du vieux chêne, avec ses cheveux qui s'envolaient portés par la brise en découvrant somptueusement son cou ainsi que sa nuque.
Elle ferma les yeux en me demandant si je pouvais sentir le souffle.
En même temps je n'avais d'yeux que pour elle, et sur le moment je ne comprenais pas vraiment ce qu'elle essayait de me faire comprendre.
Enfin elle me demanda si je reconnaissais cet arbre.
J'ai alors répondu qu'il y avait un petit quelque chose en lui qui me faisait penser étonnamment à l'arbre Yggdrasil de la mythologie nordique, ce qui fit rire Psyché en me lançant ces deux mots absolument divin... Je t'adore !.
Oui mon chéri, c'est le tien, celui de ta conscience.
J'étais sans voix, comment était-ce possible ni même envisageable ! Effectivement je pouvais sentir son souffle, toucher son écorce, sentir son odeur, mais aussi son feuillage balloter par la brise. Contempler ses couleurs particulières et uniques. Selon Psyché, chacun d'entre nous possédions donc son arbre, rien qu'a soi !
Là encore j'étais émerveillé par cette simple vision qui me soulevait le coeur d'une joie qui montait en moi.
Psyché s'en amusait en me voyant, alors que moi je me sentais... comme, nu.
Voyant mon embarras Psyché prit mes mains en me tirant emportés par un élan d'enthousiasme et en me disant tout exalté, vient ! Vient ! Fais comme moi !
Nous nous sommes collés contre l'arbre en l'enserrant de nos bras. J'étais très ému. Par l'arbre que je serrais contre moi, mais aussi par Psyché, et ce moment encore un, restera gravé en moi pour toujours.
On s'est ensuite de nouveau assis au pied de cet arbre cosmique avec Psyché contre moi, nous rions...
J'ai su alors, ce qu'étais le bonheur. Bien sûr on peut toujours connaitre des joies, mais combien connaisse le véritable bonheur. Celui qui se trouve qu'en soi et que l'on partage.
Avant cela ce mot m'était dénué de sens, je ne croyais pas qu'un bonheur puisse exister. J'ai activement remercié Psyché pour ce qu'elle m'apportait mais jamais je ne pourrais conserver cet instant de bonheur que nous partagions ensemble.
Je ne possédais pas cette joie en moi. Psyché avait l'air un peu déçu mais très vite elle me dit... N'est-ce pas toi qui disait que seul le temps présent avait de l'importance ?. Puis elle ajouta cette joie à toujours été en toi mon chéri, mais tu l'as oublié et enfoui. Moi j'ai simplement voulu te montrer qu'elle était présente.
Psyché avait raison... Voilà bien une vérité, j'ai simplement refermé un socle de marbre noir. Cette vérité est commune à tous, seulement nous n'en avons pas tous la même perception. Alors elle prend différente forme pour chacun en devenant sa propre vérité. Tout comme le monde réel, il n'est que l'expression d'une pensée commune composé de ses multiples variables. Même si une certaine forme de société est imposée par un petit nombre. Mais que tout ramène en un même point. Je ressentais une profonde gratitude pour Psyché, et je savais aussi que je n'étais certainement pas au bout de mon périple avec elle.
A suivre...
Psyché et moi étions allongés au pied de ce vieux chêne, et dans les hautes herbes fraiches caressées par une légère brise nous nous prélassions en dehors du temps et de toute chose.
Ce même temps qui s’écoule devenait malléable et soumis à la volonté de Psyché, tandis que je la tenais dans mes bras comme l’on tient le bien le plus précieux qui puisse exister.
Tout son corps reposait contre moi en conversant l’un et l’autre, nous échangions nos sentiments, des idées, nos pensées. Mais dans mon fort intérieur j’étais assailli de questions que je n’osais lui formuler. Le plus drôle c’est qu’elle le savait parfaitement, et par moment sans dire un mot elle levait son visage vers moi en arborant l’un de ses magnifiques petit sourire irrésistible. En aucun cas j’aurais voulu me réveiller à cet instant, mon seul souhait était de demeurer auprès d’elle pour l’éternité.
C’était fou, je sais… j’étais totalement amoureux de Psyché, un esprit, un fantôme. Ceci dit… Moi qui pensait que jamais je n’aurais l’occasion d’aimer à nouveau, et combien même ne fusse qu’un rêve je recouvrais la sensation oubliée d’être en Vie, de Vivre ! Je vivais là aux côtés de Psyché les moments les plus merveilleux de mon existence.
Peu à peu Psyché m’apportait toutes les réponses qui me taraudaient depuis si longtemps.
Elle était devenue elle-même La réponse à une profonde solitude, un vide absolu intérieure qui me consumait. Désormais je savais que je me sentirais perdu sans sa présence, alors peut-être que je perdais pied avec la réalité, mais qu’est-ce que la réalité ?… Je me disais… Que peut m’apporter ce monde réel que je côtoie chaque jour, il ne représente plus rien pour moi.
En effet il devenait bien fade comparé avec ce que je vivais. Peu m’importait dés lors si ce n’était qu’illusoire ou fatal. Pour moi j'étais plongé dans le plus beau rêve qui soit.
Pensif face au destin….
Dans les basses sphères, j'ai reçu la clé de ma vie. Explorant au tréfonds de mon être une vision de ténèbres,j'ai vu en toi l'immortalité et l'infini qui se révèle. Que je sois jeté au feu ou précipité dans le néant, persécuté dans mon coeur, torturé dans ma chair, il peut tuer mon corps, espérer à ma mort. Tu ne détruiras pas mon âme, ni mon amour.
Dépossédé de tes envoûtements maléfiques,de tes rêves chimériques je me libère. Car j'ai reçu une force, la vision d'un autre monde pour une vie au-delà d'une mort.
C'est moi désormais qui espère accéder à la lumière, pour enfin renaître un beau jour dans les hautes sphères. Près de Psyché parmi les âmes libérées.
Au cours de la quatrième nuit l’ombre noire n’était pas revenue, ainsi j’espérais retrouver Psyché en toute quiétude, et oui, je lui avait donné le nom de psyché en secret, dans mes pensées. Bref…
Psyché vint s’asseoir près de moi sur le rebord de mon lit, puis elle déposa ses lèvres sur les miennes afin de me réveiller. J’ouvris doucement mes paupières, mon corps envahi par la douce saveur de ses baisers magnétiques qui venaient éveiller mon âme.
Psyché incarnait la beauté pure, ses sourires étaient d’un tel pouvoir enjôleur qu’il m'était impossible de ne pas succomber à son charme; Aux doux frissons semblable a une symphonie profonde. Et que dire de ses yeux qui vous perçait jusqu’à l’âme. De tout son être émanait une telle force et une telle puissance énergétique. C'était un fabuleux courant de flux d’une blancheur immaculée avec des nuances bleutées sous sa magnifique chevelure qui ondulait lentement dans les airs.
Mais cette nuit là Psyché avait visiblement le besoin d'exprimer ce désir de m’inviter à la suivre quelque part vers l'ailleurs, elle prit mes mains dans les siennes en m’offrant la vision de ses plus beaux sourires radieux en ayant l'air si heureuse.
Je l’aurais suivi n’importe où (sourire mélancolique)
Ensuite Psyché me demanda de fermer les yeux un instant, elle colla son corps contre moi, on s’est enlacés, je pouvais sentir les ondes de son être me traverser et tout autour de moi une lumière blanche s’intensifiait.
Lorsque j’ouvris les yeux je me tenais toujours contre Psyché mais nous étions au sommet d’une petite colline avec en son centre un vieux chêne.
Des oiseaux noirs planaient dans les cieux au milieu d’une clarté à la fois lumineuse et sombre à la fois. Psyché me parla de ce lieu étrange qu’elle aimait particulièrement pendant que mon regard contemplait le survol de la colline par ces Corvus Corax, ces grands corbeaux noirs messagers des dieux et gardiens de nos âmes.
Ce lieu inaccessible pour les mortels ou plus précisément pour les corps mortels ne pouvait être perçu que brièvement et uniquement au milieu de certains songes.
Là dessus je n’ai pu m’empêcher de lui poser une question qui me brûlait les lèvres…
Qui es-tu réellement ma douce Psyché ?… Il y a tant de mystère autour de toi, les ténèbres semblent t’accompagner, et cette odeur de mort avant ta venue.... La noirceur dans ton cœur abîmé…
Est-ce là cette tristesse que je ressens en toi mon amour ?... Pourtant tes sourires sont si merveilleux et quand je t‘observe tu ressembles à un être de lumière rempli de tendresse et de douceur.
Malgré tout je sens que tu préserves une sorte de secret, des mots que tu n’oses me révéler. Quelque chose ou quelqu’un qui te fait présager le pire ?…
Psyché baissa la tête un moment, avant de me répondre que je ne devrais pas me trouver ici en ce lieu, qu’elle enfreignait une loi universelle. En ajoutant qu'elle ne devrait pas être si proche de moi et que finalement nos sentiments l’un pour l’autre n'étaient qu'un amour impossible, une pure folie.
A ces mots j'ai rétorqué que naitre pour mourir était également une pure folie, et pourtant nous sommes là. Que restera t-il de tout ceci en sachant que tout à une fin, alors quelle importance. N'est-ce pas l'instant présent qui compte avant tout ?...
Psyché es-tu réelle ?... Ou bien est-ce une invention de mon esprit ?… Ou bien encore, es-tu un fantôme ?... S'il te plait j'ai besoin de savoir.
Aussitôt Psyché se replia dans un profond silence attristé...... Alors c’est ça !? Tu ne crois pas en moi, bien sûr que je suis réelle ! n’a tu donc pas entendu mes mots. Je suis un esprit, oui, mais je suis réelle et plus que cela !.
Ne voit pas simplement avec tes yeux, tes sens ne représentent qu’une infime partie de toi, écoute le cœur de ton être, regarde au plus profond de ta conscience que nous autres avons entendu par ces murmures, et j’ai répondu à ton appel. Ainsi je suis venue à toi car je sais que tu es capable de m’entendre également, mais au-delà de ça, il y a autre chose que tu découvrira plus tard.
Tout ce que je vais désormais te dire, je n’ai pas le droit de te le révéler mais si je le fais, c’est que j’aie une bonne raison d’outre passer les règles. Cela dit prends garde car si tu m’écoutes il te sera impossible de revenir en arrière.
Cette mise en garde ne manqua pas de me rendre quelque peu anxieux mais, incommensurablement plus curieux d’en apprendre davantage je lui priais donc de poursuivre cette conversation qui me fascinait.
J'étais abasourdi par tous ces évènements que je ne comprenais pas;
Est-ce que je devenais schizo ou complètement dingue !?.
Je n'ai pas de problèmes apparent liés au sommeil, rien de particulier à signaler, alors je ne vois pas... Hormis peut-être
un élément essentiel, j'étais effectivement durant cette période dans un certain état d'esprit qui me permet de dire que je me sentais plus proche de la mort que de la vie, comment décrire cela succinctement... Disons qu'elle avait davantage d'attrait pour moi et bien que cela n'a guère changé, tous ces évènements relèvent du passé. Je n'ai plus cette sensation persistante de présence autour de moi et mes nuits sont paisibles, enfin il faut dire qu'elles sont toujours autant décalées mais ce n'est dû qu'a un style de vie.
Donc nuit paisible oui, Sauf, lorsque je vais à nouveau passer quelques jours dans cette maison.
A cela venait s'ajouter dans la journée des manifestations étranges mais que je ne souhaite pas évoquer, ce n'est pas utile.
Il m'a fallut plusieurs mois pour oser en parler à une personne très proche de ma famille mais envers laquelle je savais que je pouvais avoir une entière confiance et surtout, qu'elle me croirait.
La raison première étant qu'elle même à déjà vu des lueurs au milieu de la nuit et ce dans la même demeure. Elle m'en avait fait part lors d'une conversation en exprimant toutefois un regret en se sentant un peu coupable d'avoir repoussé ce qu'elle voyait par peur et par la prière, (cette personne est croyante).
Suite à cela j'ai fait ce que je pouvais pour la réconforter, sa réaction était tout à fait compréhensible car s'est très impressionnant. A ma connaissance ces lueurs ne lui sont jamais réapparus. Pour ma part, je pense que j'étais plus réceptif et ouvert à ce genre de phénomène, pour ne pas dire désireux d'aller plus loin.
Puis survint cette troisième nuit au cours de laquelle apparut l'ombre inquiétante, une silhouette noire et angoissante dont je me serais bien passé. Rien de comparable avec cette beauté ténébreuse si touchante et si pure qui ravivait mon coeur.
Cette nuit là, je m'étais allongé en attendant patiemment de m'endormir.
Lorsque tout à coup je suis extrait de mon sommeil par une très forte sensation de présence, lourde, presque palpable. Ce n'était en aucun cas l'apparition que j'attendais.
Et c'est en levant mes yeux en direction du pied de mon lit que je vis la silhouette très sombre de ce qui semblait être un homme. Il avait le visage baissé, l'air taciturne, austère, je ne saurai dire s'il était véritablement menaçant. De plus je n'arrivais pas à percevoir nettement son visage mais ceci dit je dois avouer que je n'osais pas le fixer avec insistance,
je ne voulais pas lui donner l'impression de le provoquer inutilement. Bien que cet évènement était encore une fois très perturbant je ne ressentais aucune crainte ni de peur. Curieusement j'ai souris, puis je me suis simplement recouché.
A mon réveil, je me suis posé énormément de questions, pensant à une illusion, d'optique sans doute. D'autant plus que je ne sais avec certitude si c'était la nuit ou le petit matin... J'ai un doute, je ne sais plus. Comment aurais-je pu voir une silhouette sombre en pleine nuit, il faisait noir, la lumière était éteinte. Et si je dormais encore en croyant être éveillé ???....
note: En réalité cet évènement a eu lieu en premier.